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LE MATIN - 22.08.2011
La direction du centre hospitalier Ibn Sina tient à remettre les pendules à l'heure.
L'information publiée sur nos colonnes il y a quelques jours a eu visiblement le don d'offusquer les responsables de cet établissement hospitalier, le plus important au niveau national. Ils ont estimé qu'il était de leur «devoir» d'apporter à la connaissance du public quelques précisions afin d'éclaircir «les différents points soulevés par certains élus au conseil de la ville et rétablir ainsi la vérité».
Pour rappel, la gestion du centre hospitalier Ibn Sina (CHIS) s'est invitée dans les débats des conseillers de la ville lors de la dernière session du conseil communal de Rabat. Comme nous l'avions rapporté, certaines voix s'étaient élevées contre la manière dont le directeur général gérait les affaires de cet établissement hospitalier, critiquant notamment «le fait qu'il prenne de plus en plus les décisions de manière unilatérale et sans s'en référer au conseil d'administration».*
Les conseillers de la ville avaient également mis l'accent sur les «piètres prestations» de l'établissement ainsi que sur le problème des certificats d'indigence. Selon eux, les plus démunis sont obligés de payer les factures des analyses et des examens médicaux alors que le ministère de tutelle ne cesse de répéter que ces certificats dispensaient leurs titulaires des frais des soins.
À ce dernier reproche, la direction du CHIS tient à apporter le démenti le plus formel, précisant qu'elle respecte scrupuleusement la réglementation régissant l'accès à un hôpital universitaire d'une région donnée. Tous les patients relevant de la région de Rabat Salé Zemmour Zaërs, qui présentent un certificat d'indigence, sont systématiquement pris en charge gratuitement, soit totalement soit partiellement, avec une contribution symbolique aux frais des soins, précise-t-elle. La direction ajoute dans le même ordre d'idées que les patients indigents provenant des régions de Kénitra, Tétouan et Tanger, mais impérativement munis d'une fiche de liaison, attestant que les soins exigés ne peuvent être prodigués qu'au CHU de Rabat profitent des mêmes dispositions.
Mais, «les patients dont le lieu de résidence dépend d'un des trois autres CHU et qui se présentent de leur propre chef à l'un des hôpitaux du CHU ne sont pas autorisés à faire valoir leur certificat d'indigence si leur cas ne relève pas d'une urgence médicale».
Cette procédure trouve son essence, selon la direction du CHIS, dans le principe du RAMED, qui stipule que l'orientation d'un patient indigent sera effectuée vers la structure hospitalière la plus proche dans la filière des soins.
Par ailleurs, les responsables du CHIS estiment que les critiques relatives au niveau des prestations sont infondées.
Car «contrairement aux allégations selon lesquelles le centre présenterait des résultats négatifs, la production des soins est en croissance remarquable». Ils précisent ainsi qu'en moyenne annuelle, et au cours des quatre dernières années, les admissions ont augmenté de 1% et les consultations de 8%, tandis que les accouchements ont atteint le chiffre record de 22.320 avec un rythme de progression annuel de 5% (9% par an pour les césariennes). Selon la direction de l'établissement toujours, la production des différents laboratoires du CHIS (biochimie, hématologie, bactériologie, anatomopathologie et parasitologie) a connu une croissance de plus de 54% par an.
Pour ce qui est de l'imagerie médicale, dominée essentiellement par des examens radiologiques de pointe tels l'IRM et le scanner, la production s'est améliorée de 8% par an. «L'amélioration de tous ces indicateurs s'est répercutée positivement sur la durée moyenne de séjour des malades en hospitalisation, puisqu'elle s'est rétractée de 4% chaque année démontrant une meilleure organisation de la prise en charge». Autre indicateur prouvant les résultats positifs de l'hôpital : la réduction du taux de mortalité intra-hospitalier a atteint 4% par an pour s'établir à 19 décès pour 1.000 hospitalisations.
Baisse du régime
Si globalement les principaux indicateurs de l'activité du CHIS sont positifs, certains voyants sont au rouge. Il en est ainsi du bilan du nombre d'interventions chirurgicales réalisées qui a connu une baisse de 13%. Mais cette baisse est imputée, selon la direction du CHIS, au programme de rénovation des blocs opératoires des hôpitaux qui a entraîné la réduction du nombre de salles d'opérations fonctionnelles (2006 à 2008 pour l'hôpital Ibn Sina, 2010 pour l'Institut national d'oncologie et en 2011 pour l'Hôpital des spécialités, alors que le bloc opératoire de l'hôpital d'enfants sera rénové en 2012).
Par ailleurs, si les admissions au service de traumatologie de l'hôpital Ibn Sina ont augmenté de 30% sur la période considérée, les interventions de chirurgie cardiovasculaire ont chuté de 8% par an au cours des dernières années. Des mesures correctives spécifiques ont été prises en début d'année pour relancer cette activité, améliorer la gestion du service et assurer ainsi une meilleure prise en charge des malades nécessitant des opérations cardiaques.
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